Donc, le 21 décembre 2016, nous avons lu avec grand intérêt que la cour de justice européenne a clairement établi que le Sahara Occidental n’est pas le Maroc. Si il existait encore des doutes dans quelques cerveaux du Markzen, ils savent désormais que ce que nous disons depuis des dizaines d’années est la réalité ! D’ailleurs même le site marocain Yabiladi.com, le rappelle la juridiction a «conclu que l’accord de libéralisation ne s’applique pas au territoire du Sahara occidental».

Mais, bien sûr, au delà de ce jugement définitif, il faut examiner les conséquences … kb-a-quai-22-1-17et une des premières conséquences est que les produits exploités par une organisation étrangère sur le territoire sahraoui doit « profiter aux sahraouis ». Sinon, ce sont les sahraouis qui doivent l’exploiter et décider de leur utilisation.

Ainsi, les tomates cerises des environs de Dahkla ou, bien sûr, le résultat de la pèche au large des côtes sahraouies. C’est bien sûr l’objet de la contestation !
Et partout, les prises de position confirme que les autorités marocaines doivent modifier leur pratique ; et avec elles tous les pays qui lorgnaient sur les richesses sahraouis
C’est ce que dit le syndicat de paysans dans son communiqué copié ci-dessous
Communiqué de la « Confédération Paysanne » :
Le droit des peuples l’emporte à la Cour de Justice de l’UE


La Cour de Justice de l’Union européenne a reconnu, le 21 décembre, que le Sahara occidental ne relève pas du champ d’application de l’accord de libre-échange avec le Maroc. Depuis son entrée en vigueur il y a 16 ans, l’importation sans droits de douane de fruits et légumes en provenance de ce territoire par des entreprises européennes est donc illégale ! L’Union Européenne a donc sciemment piétiné le droit international qu’elle a contribué à écrire. Le droit des peuples l’a, cette fois, emporté sur les appétits des entreprises, et ce malgré la pression exercée par certains pays, dont la France.

Cette décision met en évidence le mépris de toute considération non-commerciale dans les négociations d’accords de libre-échange. L’agriculture comme monnaie d’échange met en danger l’alimentation de tous, apparemment moins importante que les profits de quelques-uns. La Confédération paysanne exige la suppression de l’accord de libre-échange UE/Maroc, ainsi que tous les autres accords signés ou en cours de négociation, dont le CETA qui pourrait être ratifié dans les semaines à venir.

Cessons de croire, et surtout de faire croire, à une prétendue vocation exportatrice qui assurerait un avenir radieux. Pour les paysannes et les paysans, comme pour l’alimentation de tous, la solution passe par une relocalisation des productions, ici et partout dans le monde, en lien avec la demande. La fuite en avant du libre-échange doit être stoppée net pour permettre le développement de l’agriculture paysanne et de la souveraineté alimentaire !

Chacun sait -qui s’intéresse un tantinet à la question- que les conserveries de poissons de Layoun emploient très peu de sahraouis et que la majorité des entreprises -comme des bateaux- ne sont pas « propriétés des autochtones » ! On le savait avant le jugement de la CIJ … c’est toujours vrai après !

Une des exploitations, moins connues celle-là, est l’huile de poisson. Elle est utilisée pour la fabrication de « produits cosmétiques » (produits de beauté riches en oméga3 … ) comme l’indique cet extrait d’une publicité : « l’huile de poisson pour le visage est capable de faire des miracles, aidant à se débarrasser des rides fines et qui rend la peau souple et lisse. »

Alors, depuis quelques temps, les militants pistent les navires qui viennent charger ces précieuses cargaisons à Layoun. Et c’est ainsi que nous savions que, régulièrement, l’usine Olvéa de Fécamp était livrée par une compagnie norvégienne par un navire battant pavillon de Gibraltar …

Le voyage du Kay Bey était donc suivi « à la loupe » par les militants sahraouis, espagnols et françaistrajet-key-bay

Et c’est ainsi qu’un comité d’accueil l’attendait à Fécamp. Le maire de Gonfreville l’Orcher, Jean Paul Lecoq, accompagné de militants des associations sahraouis et françaises et de syndicalistes CGT, a précisé qu’une plainte serait déposée pour infraction aux décisions européennes et non respect du droit international.

Le déchargement a été réalisé sans qu’aucune instance des douanes françaises ne l’en ait empêché, malgré son illégalité.

A suivre !

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