Le procès de 24 sahraouis s’ouvrira lundi 26 décembre à la Chambre criminelle près la cour d’appel de Salé. On a peut être échappé à une audience le 31-12 …
Retour en arrière :
  • 10 octobre 2010 : mécontents de leur situation sociale et du traitement qu’ils subissent de la part de l’occupant marocain, des milliers de sahraouis construisent un village de tentes à une dizaine de kilomètres de leur capital Layoun occupée.
  • 8 novembre 2010 : alors que les discussions sont en cours, les autorités marocaines bouclent le camp puis le démantèlent avec violence (gaz lacrymo, canon à eau, …)
  • Février 2013 : un tribunal militaire est constitué qui condamne les sahraouis , sans aucune preuve constituée
  • juillet 2016 : la cour de cassation annule le jugement du tribunal militaire et ordonne qu’un procès ait lieu au civil.
avant-apres
AVANT / APRES

Entre novembre 2010 et 2013, les sahraouis, la plupart défenseurs des droits de l’homme, sont détenus à la prison de Salé, sans aucun jugement.
Alors que ce sont tous des civils qui réclament le droit à l’autodétermination de leur peuple, ils sont finalement jugés par un tribunal militaire  qui les condamnent sans autre « preuve » que des aveux obtenus sous la torture ; ils sont alors condamnés à de lourdes peines de prison: de 20 ans à la prison à vie.
Personne ne conteste qu’il y ait eu des victimes de part et d’autres … mais personne n’est aujourd’hui -et pas plus qu’en 2010- capable de dire comment et par qui l’ensemble des victimes est passée de vie à trépas ! Aucun observateur ne conteste non plus que le pouvoir marocain n’a jamais eu de cesse que de mater la résistance sahraouie !
Il est cependant curieux de constater la récente création, 6 ans après les faits, d’une « association-coordination des amis des familles des disparus ». Sans doute pour se porter « partie civile » …

Du côté sahraoui, l’espoir est grand : en témoigne le déplacement lundi prochain de plus d’une quarantaine d’avocats étrangers à Rabat ! Ils assisteront les détenus. Eux aussi ont organisé, jeudi, dans la capitale française, un point de presse, sanctionné par une déclaration au ton très critique envers la présence marocaine au Sahara.

En effet, le collectif estime que le « le royaume du Maroc refuse de reconnaître au Sahara occidental le statut de territoire non autonome » et en conséquence, il exige que les mise en cause soient « protégées au sens de l’article 4 de la quatrième Convention de Genève et devraient en tant que telles se voir appliquer les protections prévues par le droit international humanitaire ».

L’instance demande « le dessaisissement de la Cour d’appel de Rabat au profit d’un tribunal situé en territoire occupé », « une enquête indépendante et sérieuse sur les tortures, mauvais traitements, détention arbitraire » et le « transfert immédiat (des détenus) dans une prison située » au Sahara occidental.

On aura lu ici que le Comité des Nations Unies contre la torture a, il y a peu condamné le royaume du Maroc pour tortures des prisonniers !

A suivre …

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