Il arrive très souvent que le Sirocco amène du sable jusqu’en France … Ce phénomène (le ghibli) pourrait bien être le grain de sable qui enraye la machine royale … entendez par là tout le lobbying déployé depuis des dizaines d’années par les rois successifs !

Car, après que le Secrétaire Général des Nations Unies ait rappelé que le Sahara Occidental était bien « occupé » par le Maroc, après qu’il ait confirmé que la mission mise en place par l’ONU avait pour rôle « la mise en place d’un référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui », nous assistons à une vague d’évènement qui, tous, vont dans ce même sens : celui de la liberté de l’expression d’un peuple qui est resté déjà bien trop longtemps derrière les barreaux marocainsoctobre 2013 1163Depuis que la Cour Internationale de Justice (CIJ)a invalidé l’accord sur l’importation des produits agricoles issus du Sahara occupé accord entre le Maroc et l’Union Européenne, il semble que les langues se délient, que les initiatives se libèrent :

Il y a eu la conférence organisée le 19 avril à l’Assemblée Nationale par le député Patrick Mennucci et par Régine Villemont de l’AARASD : le résumé des interventions

Puis la chaine parlementaire LCP vient, à une heure de grande écoute, d’organiser un débat après la diffusion du documentaire « un mur dans le désert » de Hervé Feron.

C’est aujourd’hui le président du Comité belge de soutien au peuple sahraoui, Pierre Galand et la présidente de l’association française des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD) Régine Villemont, qui ont exhorté le Conseil de sécurité des Nation unies à soutenir l’appel du Secrétaire général Ban Ki-moon à l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. l’article complet est ici

C’est enfin, également ce dimanche, le Collectif des Journalistes Algériens Solidaires avec le Peuple Sahraoui (CJASPS) qui publie ce communiqué : Le Collectif des Journalistes Algériens Solidaires avec le Peuple Sahraoui (CJASPS), conscient de l’impasse dans laquelle se trouve actuellement le processus de négociations maroco-sahraoui, rendu possible par l’obstination du Maroc et le renoncement de ses engagements internationaux, constate que l’occupant marocain veut profiter de la conjoncture régionale difficile pour imposer le fait accompli colonial, dans le « territoire non autonome » du Sahara occidental. Nous prenons note des préoccupations exprimées par le Secrétaire Général des Nations unies, ainsi que de ses recommandations faites, dans son dernier rapport d’avril 2016 sur la situation au Sahara occidental, qu’il a transmis récemment au Conseil de sécurité. Nul ne peut nier, à présent, que le Maroc, cité nommément dans ledit rapport, est la seule partie qui bloque le processus de règlement de la question de l’ancienne colonie espagnole, en foulant le droit international et en violant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance. Depuis au moins 2007, le Maroc a considéré unilatéralement « son plan d’autonomie comme seule base pour les négociations », comme l’a souligné M. Ban Ki-Moon dans le rapport, une proposition en opposition avec le Droit international, pour empêcher la recherche d’une solution pacifique, « mutuellement acceptable qui permet l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Ces dernières années, les territoires du Sahara occidental sous occupation marocaine ont connu une dégradation inquiétante des droits de l’homme (assassinats, arrestations, tortures, procès irréguliers…) et un pillage à grande échelle des ressources naturelles : des rapports des ONG et de Parlementaires en font d’ailleurs état. Mais, dans la même période, il y a eu notamment les manifestations de Gdeïm Izik (2009) en faveur des droits nationaux sahraouis, les actions de protestation et les grèves de la faim des militants sahraouis des droits de l’homme, dont Aminatou Haidar, ainsi que celles entamées par les familles de jeunes sahraouis morts sous la torture des bourreaux marocains. Récemment, il y a eu également l’annulation, le 10 décembre 2015, de l’accord agricole entre le Maroc et l’Union européenne (UE), par le tribunal de l’UE qui, comme la Cour internationale de justice (de la Haye), l’ONU et l’Union africaine (UA), considère que le Maroc n’a aucune souveraineté sur le Sahara occidental et que le Front Polisario est le seul représentant du peuple sahraoui. Ces événements ont contribué largement à mettre à nu le système colonial marocain. Pris au piège, celui-ci a agi en hors-la-loi et s’est attaqué, de façon unilatérale, à la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), défiant le Conseil de sécurité qui, conformément au plan de règlement accepté par les deux parties en conflit, le Maroc et le Front Polisario (ayant abouti au cessez-le-feu et à la création de la MINURSO), avait créé la MINURSO, par résolution 690 du 29 avril 1991, pour le contrôle du cessez-le-feu et l’organisation d’un référendum d’autodétermination dans la dernière colonie en Afrique. La décision marocaine d’expulser 84 fonctionnaires internationaux composant le segment politique de la MINURSO, ajoutée à celle du refus de permettre au Secrétaire Général des Nations unies d’accomplir pleinement sa mission, en se rendant à Rabat et dans la capitale occupée du Sahara occidental, El-Ayoun, auraient de graves conséquences sur la stabilité de la région, et constitueraient un grave précédent pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU dans le monde. Et ce, sans écarter le risque de reprise de la lutte armée du peuple sahraoui, comme l’ont signifié les responsables du Front Polisario, à leur tête son Secrétaire Général, Mohamed Abdelaziz, si le Conseil de sécurité n’assume pas ses engagements et ses responsabilités. Nous, membres du CJASPS, dénonçons énergiquement les pratiques coloniales du Maroc au Sahara occidental, comme nous condamnons ses dernières tentatives visant, non seulement à bloquer la poursuite du processus de règlement de ce conflit, en conformité avec la légalité internationale, mais également à discréditer les Nations unies, son Secrétaire Général, son Conseil de sécurité, son Assemblée générale et sa IVème Commission chargée de la décolonisation, compris. Par ailleurs, nous nous élevons contre la position des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), ces monarchies du Golfe qui, pour couvrir les dérapages répréhensibles du royaume chérifien, attisent les tensions en s’alignant sur les thèses de la colonisation marocaine, notamment par leur soutien à la proposition d’autonomie. Sans aucune considération à la raison d’être de l’ONU ni à la responsabilité du Conseil de sécurité dans ses missions de paix et de sécurité dans le monde. Nous doutons fort que le Conseil de sécurité participera à ce genre de coup de force, destiné à déposséder le peuple sahraoui de son droit légitime à l’autodétermination, mais aussi à affaiblir l’ONU. Aussi, nous lançons un appel urgent aux membres du Conseil de sécurité en leur demandant d’assumer leur responsabilité, en étant ferme à l’endroit de l’occupant marocain : exiger de ce dernier de s’expliquer sur ses graves décisions et le sanctionner pour non-respect de ses engagements envers la communauté internationale et envers le peuple du Sahara occidental. Nous interpellons en outre le Conseil de sécurité sur la réhabilitation de la pleine mission de la MINURSO, pour le retour de son personnel dans les territoires sahraouis occupés, et sur l’élargissement du mandat de cette MINURSO à la surveillance des droits de l’homme, afin que cessent les violations aux droits humains perpétrées par les autorités coloniales marocaines, ainsi que l’exploitation illicite des richesses naturelles du Sahara occidental. La question sahraouie est inscrite depuis 1963 aux Nations unies au chapitre de la décolonisation. La recherche d’une solution juste, équitable et durable, passe forcément par la tenue d’un référendum d’autodétermination libre du peuple sahraoui, sous contrôle de l’ONU. Dans ce cadre, nous appelons le Conseil de sécurité à soutenir l’appel de M. Ban Ki-Moon à l’exercice du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, dans les meilleurs délais.

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