Avec la question de la pêche du poisson au large des cotes sahraouie, il y avait déjà eu une longue controverse au Parlement Européen qui avait abouti le 14 décembre 2011 à la fin du protocole (326 parlementaires avaient voté pour la fin, tandis que 296 souhaitaient le poursuivre) ; les élus avaient conclu « qu’il n’y avait pas la moindre preuve du bénéfice de la population locale ». Jusque là, l’Union Européenne versait de l’argent (à la fin des années 90, le montant dépasse 500millions d’€) au Maroc pour permettre aux pêcheurs espagnols et portugais (surtout) de détruire l’environnement et d’épuiser les ressources halieutiques !

La rapporteure de la commission développement au PE, la suédoise Isabella Lövin, avait déclaré : « l’accord précédent a été un échec ; sur les millions d’€uros affectés annuellement pour le développement du secteur des pêches locales, seulement 15% de cet argent a été utilisé !

« C’est clairement en violation du droit international« , a déclaré l’ancien chef du service juridique de Kofi Annan (ONU)

Le lobbying marocain s’est donc remis en route et un nouvel accord a été signé en 2012 et reconduit en 2014 (310 ont voté pour, 204 contre et 49 se sont abstenus), moyennant 30 millions d’€ !

Néanmoins, depuis, de fait, le Maroc était de plus en plus «isolé» sur le plan international. Et, pour qui suit le dossier, il n’est finalement pas surprenant que la Cour Européenne de Justice annule cet accord. Mais aux yeux du peuple sahraoui, un grand pas vers la reconnaissance a été franchi car, en acceptant la plainte déposée par les sahraouis, la Cour Européenne confirme le Front Polisario comme représentant légitime de la population sahraouie.

On peut lire le détail de l’arrêt du tribunal

Depuis, venues du monde entier, les réaction sont unanimes :

« C’est une bonne journée pour le peuple sahraoui. Espérons que ce sera la première étape de l’arrêt non seulement de l’ensemble du commerce, mais aussi de la pêche de l’UE qui vient de l’ère Franco », a déclaré Sara Eyckmans, coordinatrice de la WSRW

Tous rappellent l’annulation par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), avec effet immédiat, de l’accord controversé entre le Maroc et l’UE, englobant le Sahara occidental occupé, sur la libéralisation du commerce des produits agricoles et halieutiques. Car manifestement l’arrêt ne concerne pas que le poisson … il y a également les tomates cultivées au Sahara Occidental … les entreprises marocaines n’hésitent pas à tromper le consommateur en écrivant « origine Dahkla Maroc » alors que cette ville est au Sahara Occidental et qu’aucun pays au monde ne reconnait une quelconque souveraineté du Maroc sur le territoire qu’il occupe !

9-3-15 intermarché Laxou
photo prise dans un supermarché de la région de Nancy en Lorraine (France)

Dans l’intervention qu’il a faite lors du congrès du Front Polisario, M. Ghali a lui aussi constaté que le Maroc est de plus en plus «isolé» ; comme beaucoup ici, devant les 2500 congrésistes, il a rappelé l’annulation par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), avec effet immédiat, de « l’accord controversé de mars 2012 entre le Maroc et l’UE, englobant le Sahara occidental occupé, sur la libéralisation du commerce des produits agricoles et halieutiques »

Il faudra également suivre une autre affaire qui est engagée par Western Sahara Campaign UK en relation avec l’étiquetage des marchandises, c’est un cas transmis en octobre 2015 à la CJUE par un tribunal du Royaume-Uni.

Nous suivons ce dossier et nous en reparlerons !

Le prochain article sera consacré à une autre victoire : la reconnaissance du non respect des droits de l’homme par le colonisateur marocain.

2 échecs au roi dans la même année !!!

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